Retour sur le salon Viva Tech 2019 : women can do it !

9% de femmes dirigeantes de start-up en Europe, 27% de femmes dans les équipes digitales : c’est un peu peu, non ? Forts de ce constat, les organisateurs de Viva Tech ont choisi de mettre les femmes en lumière pour la quatrième édition de leur salon, qui s’est tenu du 16 au 18 mai 2019. A l’heure où le combat pour l’égalité femmes/hommes connaît une dynamique inédite en Europe et outre atlantique, cette orientation a permis de débattre et d’agir pour donner aux femmes toute leur place dans le monde du numérique. 

Les femmes sous-représentées dans le numérique

Cette année, les organisateurs de Viva Tech ont voulu s’impliquer particulièrement pour l’égalité femme-homme dans le numérique, en commençant par agir sur leur propre événement. En effet, si 40% des intervenants étaient des femmes en 2018, ils se sont fixé un objectif de parité totale des speakers d’ici 2 à 3 ans.

Car, disons-le, les femmes sont toujours sous-représentées en France dans les métiers du numérique. En Europe, elles ne représentent que 15% des fondateurs ou cofondateurs de startups, et elles sont à peine 28 % dans les équipes digitales d’après le rapport du fonds d’investissement Atomico « L’État de la technologie européenne ».

Plusieurs tables rondes et conférences ont donc été consacrées à la place des femmes dans le numérique. La session « Girl Power » a été spécialement remarquée. Animée par Élise Goldfarb et Julia Layani, pilotes de la création de contenu de Melty, elle tenait autant de la conférence que du spectacle grâce à des invitées comme Julie Chapon, fondatrice de la startup Yuka, et au concours de l’humoriste Bérengère Krief.

Des actions pour davantage de salariées et d’entrepreneures dans le numérique

Un manifeste « pour la reconversion des femmes dans les métiers du numérique » a été lancé sur le salon par le Syntec Numérique et Social Builder, une start-up qui promeut la mixité dans les métiers du numérique et l’entrepreneuriat. Dès le premier jour, 33 entreprises dont Atos, Orange ou Salesforce ont signé ce texte les engageant à former leurs salariés à l’égalité femmes/hommes et à élargir leurs critères d’embauche pour attirer des profils plus divers.

L’entrepreneuriat est l’autre porte d’entrée pour les femmes souhaitant faire carrière dans le numérique, d’où le caractère central de la recherche de financements. Dans ce domaine, notons l’action du réseau Femmes Business Angels. Seul réseau féminin de business angels en France et premier réseau en Europe, Femmes Business Angels rassemble près de 150 femmes qui investissent personnellement dans des start-up à potentiel et accompagnent ainsi leur développement. Pas moins de 19 startups financées par des membres de ce réseau étaient présentes en tant qu’exposants à Viva Tech 2019.

Des entrepreneures à l’honneur sur Viva Tech 2019

Plusieurs prix ont été attribués à des femmes entrepreneures lors de ce 4e Viva Tech :

  • Les EU Prize for Women Innovators ont été décernés à quatre femmes intervenant dans les domaines de la santé et du développement durable.
  • Le Female Founder Challenge a permis à dix lauréates de présenter leur projetdevant un jury avant d’être coachées pour améliorer leur art du pitch.
  • Le prix de l’impact Business ô Féminin a récompensé l’entreprise Bouge ta boîte.

Fondé par Marie Eloy, ce « réseau business féminin » crée des cercles d’entrepreneures permettant à ces dernières de soutenir la croissance de leurs entreprises. Bouge ta boîte compte déjà 66 de ces cercles en France et deux à l’étranger.

50% de femmes dans l’industrie du numérique d’ici à 2050 ?

Parmi les entreprises investies dans la cause des femmes et du numérique, impossible de ne pas mentionner 50inTech. Fondée par Caroline Ramade, cette entreprise (par ailleurs coorganisatrice du Female Founder Challenge sur le salon) poursuit l’objectif de parvenir à 50% de femmes dans l’industrie du numérique d’ici à 2050.

En résonance avec ce projet ambitieux, 50inTech a choisi cette nouvelle édition de Viva Tech pour lancer la version beta de son application. Celle-ci se veut une vraie boîte à outils pour venir à bout des obstacles sexistes, réputés nombreux dans le secteur de l’innovation numérique. Dotée d’une interface en anglais, elle permet aux femmes de créer ou de rejoindre des groupes de discussions thématiques (levée de fond, burn-out…), de mettre en contacts start-upeuses, investisseuses ou mentors, propose des tutos et des modèles de réussite… À partir des datas fournies par les utilisatrices, l’appli entend aussi devenir une base de données sur la place des femmes dans les industries technologiques.

Ouvrir davantage le monde de l’innovation et du numérique aux femmes pourrait apparaître à certains comme une cause uniquement égalitaire, mais cette vision serait restrictive. En 2015, l’incubateur américain First Round a révélé que les startups ayant une femme parmi les cofondateurs ont enregistré un retour sur investissement 63% supérieur à celui des startups dirigées uniquement par des hommes sur une période de dix ans. Dans les domaines de l’innovation et du numérique comme dans les autres secteurs, la parité est un moteur de performance !